Pour ce jolie mois de Mai ce sont les Bêches ou Concombres de mer qui piquent notre curiosité. D’apparence monotone et vulnérable, les holothuries présentent un corps mou et long dépourvu d’épines; ce qui les différencie de leurs cousins échinodermes tels que l’oursin, l’étoile de mer, le crinoïde ou encore l’ophiure. Ils ont cependant quelques caractéristiques d'échinodermes comme des pieds en forme de tubes et une symétie en cinq parties.

Regardez la vidéo Nat Geo WILD pour découvrir à quel point ces créatures sont fascinantes.

Ils peuplent les fonds marins du monde entier ( peu et/ou très profond),ce sont des animaux principalement benthiques. On peut les observer posés sur le sable, où ils peuvent y être également enfouis, ils sont aussi présents sur les fonds rocheux, et des anfractuosités. Ils mesurent en règle général entre les 10 et 30 cm mais peuvent varier en taille entre 3 mm et 3 mètres de longs pour les plus gros.

La plupart des bêches de mer sont munis de rangées de podias (petits “pieds”) dorsales et ventrales qui parcourent leur corps dans la longueur. Les podias leur sert, généralement, de moyen de locomotion (parfois jouent  aussi un rôle dans l’alimentation et la respiration). Ils sont spécialisés pour le substrat: sable ou caillou.

black sea cucumber
holothuria
Holothuria signata
sea cucumber
blue sea cucumber

Leur corps varie entre la forme de boudin, court et épais, à la forme de cordon, fin et élancé; lisse ou muni de protubérances charnues. Leur couleur est très diverse, ils sont unis ou tachetés: marrons, noirs, rouges, oranges, jaunes,...etc.

De la bouche sort des tentacules de formes et de tailles très différentes selon les espèces et l’alimentation.

Les concombres de mer utilisent leurs tentacules pour capturer leur nourriture que cela soit en capturant du plancton ou en filtrant le sable. Ils se nourrissent en ramenant un à un leur tentacule dans l’orifice buccale.

sea cucumber defending itself
sea cucumber with open cloaca

Ils respirent par l'orifice anal ou cloaque. Celui-ci se contracte pour pomper l'eau dans “l'arbre respiratoire” et hors de celui-ci. Il peut avoir des dents pour faire fuire les parasites ou réguler les hôtes internes.

Les concombres de mer peuvent posséder ou protéger un hôte qui le nétoie en contre-partie comme la crevette impériale. D'autres s'y attachent à leur dépend, ou, pire encore, vivent dans le concombre de mer et se nourrissent de ses organes internes (Encheliophis "Silver Pearlfish").

Les concombres de mer n'ont pas beaucoup de prédateurs, mais certains poissons comme les balistes peuvent les manger. Pour se défendre, ils ont une peau super résistante qu’il peut durcir à tel point qu’on l'appelle l’holothurie “caillou”, ils ont une toxine mortelle pour les poissons et peuvent lacher des filaments longs et très gluants de leur cloaque: les tubes Cuvier. Ces long filament blancs sont très collants est sont connus de ceux qui ont deja touché un concombre de mer. (Les tubes peuvent se trouver dans les cheveux d'enfants polynésiens qui ont joué à la bataille de “rori” mais s'ils savaient que celui-ci met deux a cinq semaines pour régénérer ses tubes défensifs, ils éviteraient de les toucher).

Les concombres de mer n'ont pas de dimorphisme sexuel: males et femelles sont similaires. Les gamètes sont libérés peu apres la pleine lune et la nouvelle lune quand les courants sont forts et qu'ils se tiennent debout pour libérer leur gamètes. La fertilisation se fait dans l'eau. La reproduction asexuée existe chez certaines especes ou un individu se divise et que chaque partie devient un individu à part entière.

standing sea cucumber
slow-moving sea cucumber

Parce qu’ils sont longs et qu’ils ne peuvent pas parcourir de longues distances, les ‘rori’ dépendent du térritoire qu’ils occupent. Des recherches montrent qu’ils sont des bio indicateurs très pertinents quant à la qualité de leur environnement. Des analyses d'un petit morceau de leur appendices buccaux (qui se régenerent vite) peut montrer un cliché des nutriments organiques sur un site. Il est important de continuer de travailler ensemble pour protéger l'environnement dont ils dépendent.

9 espèces d’holothuries sont classées comme “vulnérables” et 7 dans la catégorie “en danger d’extinction”. Parmi les 7 , l’holothurie ananas ou ‘Thelenota ananas’ figure sur cette liste rouge, elle est présente dans les eaux polynésiennes, souvent visible sur les tombants récifaux.