les couleurs de l'ocean pacifique
Island restoration

Restauration écologique de Tetiaroa

Les espèces de rats introduits sont un problème majeur dans les îles du Pacifique. Les rats se nourrissent de coco mais aussi d'oiseaux migrateurs, d'oeufs de tortues, de juvéniles, d'invertébrés et de plantes. Tetiaroa Society travaille avec des spécialistes en espèces invasives du monde entier pour éradiquer l'île de cette peste.

effects of rat eradication

Le Plan de conservation et d'utilisation durable (CASUP) de Tetiaroa Society prévoit un atoll où l'habitat terrestre et marin a été restauré au plus proche de sa forme indigène d'origine. Il est impératif que nous fassions tout notre possible pour que cette île et d'autres soient aussi résilientes que possible aux effets futurs du changement climatique. À cette fin, le projet de restauration de l'atoll de Tetiaroa (TARP) se concentre sur l'élimination des espèces envahissantes et la restauration des espèces indigènes.

L'éradication des rats et ses conséquences

Le TARP commence avec les espèces envahissantes les plus importantes de l'atoll : le rat noir et le rat polynésien. Ces rats ont considérablement réduit la population d'oiseaux indigènes de Tetiaroa, et se nourrissent également de tortues de mer vertes qui viennent d'éclore, de plantes, de crabes et d'autres espèces d'invertébrés. Une fois les deux espèces de rats éliminées, Tetiaroa deviendrait un sanctuaire majeur pour non seulement les oiseaux, mais aussi les autres espèces de la faune et de la flore indigène. Cela ouvrirait la possibilité de transplanter des espèces très rares et menacées, des petites populations restantes dans d'autres îles de Polynésie Française vers Tetiaroa.

Fait remarquable cependant, les effets de l'éradication des rats ne s'arrêtent pas au rivage. L'amélioration de la population d'oiseaux de mer apporte des nutriments indispensables à l'île et les effets se transmettront aux plantes, aux invertébrés, au sol et à l'écologie des communautés marines. Des études menées dans l'archipel des Chagos ont montré que les populations naturelles d'oiseaux de mer contribuent à la santé du récif corallien adjacent. Sur Tetiaroa, le TARP a l'occasion d'enregistrer cela en temps réel et de développer un modèle de gestion durable des îles tropicales et de leurs récifs coralliens en ces temps incertains.

Le plan de projet

L'éradication des rats est prévue pour août et septembre 2020. Afin de comprendre les effets de l'élimination de prédateurs de haut niveau comme les rats, des données de base seront recueillies dans tous les habitats de l'île avant cette date. Des relevés seront effectués sur les oiseaux de mer, les plantes, les invertébrés terrestres, les poissons et les algues. Des transects seront mis en place pour surveiller la couverture corallienne et algale à travers le système de la barrière de corail. Les données sur la composition chimique de l'eau et le microbiome seront recueillies à partir de l'eau souterraine du motu jusqu'au récif extérieur. Des expériences seront également menées afin de mieux comprendre l'éradication des rats dans les tropiques et celles-ci donneront aux chercheurs un aperçu de la différence entre l'éradication s'il y a plus d'une espèce présente (ou pas). Ce travail de pré-éradication sera extrêmement important afin de permettre un suivi détaillé pour les années à venir.

Les invertébrés envahissants

Parallèlement à l'accent principal mis sur les rats, d'autres espèces envahissantes seraient également ciblées pour l'éradication. Il s'agit notamment de : (i) deux espèces de moustiques (une nuisance importante pour l'homme et un vecteur potentiel de maladies pour tous les vertébrés terrestres sur Tetiaroa), (ii) une espèce de mouches piqueuses (nonos), (iii) deux espèces de fourmis envahissantes (qui sont des importants ingénieurs de l'écosystème tout comme les rats).

Un programme de recherche et de lutte mené par l'Institut Louis Malardé et parrainé par le Brando and Tetiaroa Society a réussi à contrôler une espèce de moustique sur le Motu Onetahi, continuent à travailler sur d'autres espèces et sur le contrôle des mouches piqueuses sur le Motu Rimatuu.

Les plantes envahissantes

La troisième composante majeure du TARP serait de suivre la recommandation du chapitre Flore et végétation du CASUP et de travailler à l'élimination d'un certain pourcentage de palmes de cocotiers qui se trouvent dans des zones de peuplements anormalement denses en raison des plantations de noix de coco des années 1930 à 1966. Cela permettrait à d'autres arbres et plantes indigènes de repeupler le motu. Des expériences sur l'élimination des palmes de cocotiers doivent être menées et surveillées pour voir la meilleure façon de restaurer la forêt indigène du motu.